Associations

Maxime, 21 ans, et Serge, 38 ans, aimeraient travailler. Se rendre utiles et affirmer leur place dans la société. Leur déficience intellectuelle ne leur permettra jamais d’intégrer une entreprise ordinaire. Mais les places en milieu protégé se font rares. De surcroît, les activités répétitives et l’ambiance confinée de l’atelier ne s’avèrent pas toujours adaptées au handicap de chacun. Militantes associatives de longue date, Dominique Landemaine et Claude Pathiaux ont choisi de prendre le taureau par les cornes pour monter une filière alternative d’insertion professionnelle.
Le projet est porté par l’association rennaise AGIR. L’association bettonnaise DIRE lui apporte son soutien. « Notre idée consiste à collecter les cageots de bois abandonnés sur les marchés, les stocker et les nettoyer avant de les valoriser sous forme d’allume-feux pour les cheminées, les poêles à bois et les barbecues », explique Dominique, la mère de Maxime. Une petite société de Availle-sur-Seiche expérimente déjà avec succès le procédé de recyclage. Broyés, les copeaux de bois sont enduits de cire végétale, conditionnés en sachet de papier cellulosique à usage unique. Le produit prêt à l’emploi, baptisé FAGO, serait vendu directement par les jeunes handicapés.
Financée grâce au soutien du Fonds social européen, une solide étude de marché a confirmé la viabilité du projet. « Nous pourrions collecter 120 tonnes de cagettes par an à Rennes. De quoi fournir du travail à 6 ou 8 personnes, à temps partiel », résume la présidente de DIRE. Maxime et Serge ont tenu à éprouver leurs aptitudes et leur motivation sur les marchés rennais (Lices, Sainte-Thérèse, les Halles…). « Ce n’est pas trop compliqué. C’est utile et on pourrait rencontrer du monde », apprécie Serge. Si l’activité commerciale se doit d’être rentable, l’enjeu est ailleurs. « Le travail est un levier de progrès vers l’autonomie et la reconnaissance de soi. Si on laisse un jeune handicapé de côté, sans valoriser ses compétences, il régresse. Personne ne se satisfait d’une allocation », pose Dominique, en couvant Maxime du regard.
Renforcé par sa portée environnementale, le projet a rencontré un écho favorable auprès des collectivités et des professionnels du handicap. Reste à trouver la forme juridique adéquate avant d’initier l’entreprise en toute légalité. L’affaire est complexe mais les mamans s’accrochent. Elles ont l’habitude.
Olivier Brovelli
Pratique
Association DIRE,
6 allée de Riquenon, 35 830 Betton.
Tél. : 02 99 55 92 06.

Adresse
Maire de Betton
place Charles de Gaulle
BP 83129 cedex France 35831
tel. 02 99 55 81 01
mairie-info@betton.fr