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Portraits

mis à jour le 2009-09-29

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La mémoire en héritage

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La mémoire en héritage

Connaissez-vous beaucoup d’adolescents qui rêvent de revoir Auschwitz ? Ce rêve est celui de Margot Brard. Une jeune fille comme les autres, vive et souriante, mais absorbée par l’histoire de la Seconde guerre mondiale et de l’Holocauste. « Je crois que ça remonte à ma visite du village martyr d’Oradour-sur-Glane, il y a quelques années » avance la demoiselle. « J’ai été choquée. J’ai voulu comprendre comment pouvait surgir une telle barbarie ».

Simone Veil en modèle
Cette fascination pour ce chapitre sombre de l’humanité, Margot l’a cultivée au collège de l’Immaculée (Saint-Grégoire), puis au lycée Saint-Martin (Rennes). Au point de participer à trois reprises au Concours national de la résistance et de la déportation. Ce prix à vocation pédagogique récompense les meilleurs travaux individuels et collectifs de jeunes gens sur le sujet. Après deux tentatives, Margot Brard a décroché les lauriers en 2009 pour son excellent devoir consacré aux enfants et aux adolescents dans l’univers concentrationnaire nazi. « Pendant plusieurs mois, j’ai préparé ma copie avec ma professeure d’histoire-géographie, à l’heure du déjeuner » se souvient la lauréate. « J’ai visionné beaucoup de documentaires. J’ai lu de nombreux livres sur cette période ». Sans évoquer Guy Môquet, mais en citant Guy Faisant et Marcel Callo, Margot a marqué des points en apportant un éclairage régional à son propos.
Invitée au Cercle national des armées pour la remise des prix, la jeune fille a reçu les félicitations de Luc Châtel, le ministre de l’Education nationale. Dans la foulée, Margot s’est envolée en Pologne avec la délégation officielle française pour le 65e anniversaire de la libération du camp. Elle y a croisé Enrico Macias et Simone Veil, son modèle de résistance et de courage. « Une journée au pas de course… C’est très frustrant. Je me suis promis d’y revenir ».

Vivre le présent sans oublier le passé
Aujourd’hui, Margot suit les cours d’une prépa d’école d’ingénieurs, Agrocampus Ouest. Elle loge en cité U mais revient tous les week-ends chez ses parents, dans le quartier de la Haye-Renaud. Du mémorial de Caen au mont Valérien, en passant par la maison d’Anne Frank, Margot a traîné sa famille sur tous les lieux du souvenir. Cet été, elle travaillera au mémorial 39-45de la Cité d’Aleth, à Saint-Malo. Un stage intensif d’anglais dans un musée américain ou britannique est à l’étude. « Bientôt, il n’y aura plus de survivant » rappelle Margot, lucide. « Qui conservera la mémoire de la guerre pour éviter qu’elle recommence ? Je suis jeune, c’est mon rôle ».
 

Olivier Brovelli
 

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