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Portraits

mis à jour le 2009-09-29

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Cent ans de plénitude

Portrait

Cent ans de plénitude

On n’a pas tous les jours 20 ans, ni 100 ans. Pour Louise Guitier, épouse Martin, c’était le 1er mai 2010. Pour l’occasion, ses quatre enfants, ses douze petits-enfants, ses vingt arrière-petits-enfants et ses deux arrière-arrière-petits-enfants l’ont invitée au restaurant La Levée. Au menu, des souvenirs…

Les marchés et les ménages
Née un jour férié, un 1er mai 2010, Louise Guitier a toujours mené une vie active. Native de Saint-Brice-en-Coglès, élevée à la ferme familiale, la jeune fille était serveuse au Mont-Saint-Michel quand elle a rencontré son futur mari, un ouvrier du bâtiment.
Préférant la ville à la campagne, la famille s’est installée au cœur de Rennes, face à la cathédrale. Jusqu’en 1965, Louise Guitier a tenu un commerce ambulant, spécialisé dans la confection textile et la bonneterie. Elle connaît tous les marchés d’Ille-et-Vilaine, de Redon à Pontorson. Durant sa dernière décennie d’activité, la commerçante était employée de ménage dans les bureaux de la SNCF.
A la retraite, le club Léo Lagrange a pris le relais dans son agenda chargé. Jusqu’en 1998, Louise Guitier était présidente de la section locale de la rue de Redon, grande organisatrice de bals, de sorties culturelles et de tournois de cartes. « Ma mère a toujours été dynamique, bien entourée par ses amis et ses enfants, relève Michel Martin, son fils aîné. Elle n’a jamais fumé, ni bu. Elle a toujours eu une activité intellectuelle riche. Les marchés et les souffrances conjugales l’ont endurcie ». Les vacances et le luxe n’assurent pas toujours la longévité.

Chez elle jusqu’à 97 ans
Volontaire, très sociable, Louise Guitier est une femme moderne de son époque, titulaire du certificat d’études et du permis de conduire. Divorcée en 1958, elle a mené seule une grande partie de sa vie. Jusqu’à 97 ans, bon pied, bon œil, la vieille dame a goûté la chance de vivre à son domicile. « Elle faisait son marché aux Lices et remontait les trois étages à pied », se souvient son fils. Victime de chutes à répétition, puis d’un accident vasculaire cérébral qui lui a coûté l’usage de la parole, Louise Guitier a finalement été admise à la résidence de l’Ille en janvier 2008.
Parfaitement autonome, la doyenne des lieux marche sans canne, toujours tirée à quatre épingles comme une jeune fille coquette. Toujours vive d’esprit, la mémoire alerte, Louise Guitier a fait le deuil de la communication orale mais parle avec le sourire. Joyeux anniversaire, Louise.

Olivier Brovelli
 

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