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Portraits

mis à jour le 2009-09-29

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Jean-Baptiste Ricard : L'arbre, le cheval et le débardeur

Environnement

Jean-Baptiste Ricard : L'arbre, le cheval et le débardeur

Le cheval n’a pas disparu du paysage forestier. En France, une trentaine de débardeurs perpétuent un savoir-faire ancien, synonyme d’une exploitation plus respectueuse du patrimoine végétal. Jean-Baptiste Ricard en fait partie. Bûcheron de grand-père en fils, le jeune homme a tourné le dos à la profession familiale, à l’âge de 18 ans. « J’en avais marre de saccager les forêts, de défoncer les chemins en tracteur », explique-t-il. Tailleur de pierre puis directeur technique d’une entreprise du BTP, le bûcheron retrouvera finalement ses racines quelques années plus tard, animé par une autre éthique du travail. « Les gens m’ont pris pour un fou, m’ont dit que j’allais crever de faim. Pendant longtemps, j’ai travaillé sur des sites que personne ne voulait exploiter, en zones humides et dans des terrains escarpés. Aujourd’hui, je me suis spécialisé dans le périurbain, les parcs et les jardins », brosse le débardeur, la cinquantaine joyeuse et authentique. Trois lourds chevaux de trait et une mule poitevine l’épaulent dans sa tâche. Elle consiste à abattre les arbres, puis à transporter les grumes en dehors du lieu de coupe grâce à la puissance de la traction animale. Un treuil électrique, un jeu de câbles et de poulies ont rendu le travail moins pénible, moins archaïque. « On ne lève plus les bois à la force du poignet, je ne suis pas un Gaulois ! », s’amuse le professionnel.
Quand même… Mais le jeu en vaut la chandelle sur le plan environnemental.

L’atout écologique

Les chevaux ne dégradent pas les chemins, ne tassent pas le sol, ne produisent pas de gaz à effet de serre, ne gênent pas les voisins par les pétarades intempestives de leur moteur... En zones humides, ils franchissent sans problème les rivières et les talus, sans risquer de s’enliser.
« L’animal a toute sa place dans le développement durable. Gagner un peu d’argent et de temps ne justifie pas d’aller trop vite, de massacrer les paysages. Il faut aussi sauvegarder le patrimoine que nos ancêtres ont pris soin de planter, d’entretenir », résume Jean-Baptiste Ricard. Paris, le Mans, Angers, la Franche-Comté… Installé dans la Sarthe, le débardeur voyage beaucoup pour son métier. Son travail est demandé. Jean-Baptiste aime la relation avec le public, les passants qui se souviennent d’un temps qu’ils pensaient révolu. Pour l’anecdote, ses services font aussi le bonheur de quelques personnalités de choix, Luc Besson et Bernard Tapie en tête. Mais Jean-Bernard travaille par amour du métier et de la nature, pas pour la célébrité.


Olivier Brovelli

 

Plus d’informations sur le métier de débardeur sur le site Internet de Jean-Baptiste Ricard, www.equi-debardage.com

 

Pratique
Conférence sur le débardage
Jeudi 5 février – 20h30
Galerie Espace-Expo

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