Economie
08/02/2010

Après 50 ans, les troubles de l’audition commencent à se faire entendre. Mais on commence tout juste à les prendre au sérieux. Au même titre que les lunettes, les aides auditives finissent enfin par se faire accepter. « Hier, la prothèse auditive était un appareil encombrant, souvent moche. Les patients se sentaient presque honteux de se faire appareiller, se souvient Denis Beaurepaire, fort de ses dix années d’expérience. Mais on a réalisé d’énormes progrès en esthétisme, en performance acoustique et en confort ». Aujourd’hui, on assume - presque - sans problème le port de l’oreillette, si discrète qu’elle se pare désormais de couleurs vives.
Installé à son compte depuis la rentrée 2009, toujours en consultation nomade dans deux communes voisines, Denis Beaurepaire intervient à la demande du médecin ORL. Il aiguille les patients atteints d’une baisse minimale de - 30 % de leur audition dans le choix du modèle le plus adapté à leur handicap. Plusieurs options existent selon la place de l’écouteur, intégré dans le conduit auditif ou placé derrière le pavillon. L’audioprothésiste assure aussi le suivi technique de l’appareillage dans le temps. « Si l’ouïe diminue, il faut refaire les réglages. L’entretien régulier consiste à changer les filtres, les conduits ou les micros », précise le professionnel.
Pour être toute ouïe
Logiquement, la science paramédicale s’est convertie aux nouvelles technologies de communication, à condition d’y mettre le prix. « Deux oreillettes peuvent communiquer en blue tooth pour augmenter le son d’un côté, l’atténuer de l’autre. Grâce au wifi, on peut aussi brancher directement l’appareil sur la télévision ou le téléphone. La réception est excellente », cite en exemple Denis Beaurepaire. Dès lors, la prothèse auditive corrige-t-elle tous les handicaps, même les plus sévères ? L’audioprothésiste tempère. « Malheureusement, ce n’est pas un outil miracle. Mais si l’on se fait appareiller jeune, les chances de récupérer son audition sont meilleures. Le cerveau n’aura pas eu le temps d’oublier les sons ». Le jeu en vaut la chandelle. Bien entendre est une condition pour s’intégrer et s’épanouir en société. « Sinon, on se fatigue. De peur de gêner, on ne demande plus de répéter. On finit par se couper des autres et perdre confiance en soi », alerte Denis Beaurepaire. Si les problèmes d’ouïe ne se voient plus, pourquoi ferait-on la sourde oreille ?
Olivier Brovelli
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